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Chin Na
 
Mis à jour par : Paploo le 2007-05-10 23:18:43
Pays :  Chine
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Le Chin Na (ou "Qin Na") est l'"art de saisir et de contrôler". On en trouve les techniques dans la plupart des styles de boxe et de lutte chinoises. 
 
Les premières traces d'un art de lutte structuré remontent en Chine aux années 1500 av. J.C. ; il s'agit des poteries funéraires de Ta Jing qui dépeignent le fameux Go-Ti, où les combattants après s'être agrippés cherchaient à s'embrocher mutuellement avec des casques ornés de cornes. Une description de cette lutte est faite dans l'ouvrage "Chun Chou" daté de 770 av. J.C. et fait remonter la paternité du Go Ti à un certain Seigneur Chi Yu qui aurait vécu aux environs de 2600 ans av. J.C. Pendant la Dynastie Chin, l'Empereur Chin Chi Wang (246 210 av. J.C.) modifia les règles de cette lutte : celui qui quittait le cercle de 3m de diamètre tracé autour des combattants ou qui touchait le sol d'une hanche ou d'une épaule était considéré comme vaincu. Il n'était donc plus question d'encorner le rival. L'Empereur des Han, Han Wu Ti (140 av JC) ne dédaignait pas entrer dans le cercle et était réputé invincible à ce jeux brutal. Les historiens chinois affirment que le Go Ti fut introduit au Japon sous la Dynastie Tang (618-907), fait relaté par le Ko Ji Ki ou Chronique des Faits Ancestraux, et que celui-ci est à l'origine directe du Sumo. A cette époque les coups frappés étaient autorisés. Lors d'un combat devant l'Empereur Suinin, Nomi No Sukune brisa la colonne vertébrale de son rival, Tajima No Kehaya, d'un coup de pied. 
 
En Chine, peu à peu, cette forme de lutte évolua en diverses techniques de projections, d'immobilisations, de luxations et d'étranglements. En 1346, à la suite d'un édit de l'Empereur de la Dynastie Yuan (1206 1368), une séparation fut opérée entre les formes de lutte dites "Antiques" et les nouvelles méthodes considérées comme des "Arts de Guerre". Les techniques antiques évoluèrent vers la "Lutte Mongole" Shang Pu et la "Lutte Libre" Shuai Go puis Shuai Chiao. De leur côté, les nouvelles méthodes, plus axées sur la souplesse et les notions anatomiques furent intégrées à la plupart des écoles de Wushu, dont le fameux Style Shaolin Shi Chuan (Poing du Monastère de la Petite Forêt) ou le Chin Na Shu était considéré comme "Méthode Souple" par opposition aux "Méthodes Dures" de l'Art du poing et du pied. 
 
Depuis cette époque les deux systèmes évoluent séparément, le Chin Na Shu étant intégré aux écoles du "Kung Fu Wushu" tandis que la Lutte Chinoise (Shuai Chiao ou Chiao Ti) demeure indépendante. Depuis quelques années la Lutte Chinoise connaît un regain d'intérêt car elle est très démonstrative et s'axe de plus en plus sur un travail de souplesse et un répertoire technique impressionnant de diversité. Il n'y est donc plus tout à fait question d'utiliser la force pure ou des techniques brutales comme ce fut le cas par le passé. 
 
Les formes de Chin Na Shu, par contre, subissent le contre-coup d'un Wushu de plus en plus démonstratif et chorégraphique où les sauts, cabrioles et exercices gymniques prennent le pas sur l'efficacité réelle en combat. Les techniques de "l'Art de la Main Souple" sont donc quelque peu reléguées dans le "placard" des "techniques supérieures" ou "techniques secrètes" que les élèves n'étudient que rarement, faute de temps ou d'un professeur spécifiquement qualifié. La majorité des techniques du Chin Na Shu correspondent à toutes les techniques qui sont déjà interdites dans les compétitions de Judo. Entre la "lutte sportive" et le "Wushu chorégraphique" il n'y a donc que peu de place pour des techniques jugées trop martiales, donc dangereuses voire subversives dans une pratique de masse destinée à aboutir sous le fanion olympique. 
 
A Taiwan et Hong Kong, la "rentabilité" prime et la concurrence avec le puissant voisin incite la majorité des écoles à se tourner également vers le démonstratif et la compétition. Il existe encore, malgré tout, quelques écoles confidentielles se situant généralement en dehors des circuits officiels où les techniques du Chin Na Shu sont encore étudiées. Que ce soit en République Populaire, à Hong Kong ou à Taiwan, les différents services de police utilisent d'ailleurs volontiers les conseils judicieux de vieux maîtres réputés en la matière. A Taiwan, le plus connu d'entre eux demeurait Han Chin Tang, instructeur depuis 1946 à l'Académie Centrale de Police de Taipeh, décédé en 1976; il a été remplacé par Li Mao Ching qui enseigne le Chang Chuan (Poing Long) et les Serres de l'Aigle. On peut citer quelques autres maîtres dont l'âge oscille malheureusement autour des 80 ans et qui n'enseignent plus qu'à titre exceptionnel: Liao Wu Chang, expert dans plusieurs styles du Singe, herboriste distingué spécialise dans les "Champignons Magiques", Chen Chin Sheng, Wang Shu Chun, et également le Maître Wang Tse Ming. A Hong Kong, plusieurs maîtres enseignent le Chin Na Shu Cha Sao Chun de l'Ecole du Singe : Liu Chi Keung, San Mai Kuo, Siu Hon Sang et surtout Lee Yin Argn, médecin ostéopathe réputé et spécialiste du Taiji et du Xingyi. Dans tous ces cas il s'agit bien évidemment de l'enseignement d'une méthode globale de Chin Na Shu classique et non d'un saupoudrage plus ou moins artistique de quelques techniques récupérées à l'Aikido ou au Ju Jutsu-Judo.